Pisteurs d’Étoiles
Cap sur la 28e édition de Pisteurs d’Étoiles, à Obernai, festival circassien porté par 13e sens et riche d’une vingtaine de propositions. Rencontre avec son directeur, Matthieu Pierrard. # Julia Percheron
Programme complet sur pisteursdetoiles.com
Parking et pelouse des Remparts, Halle Grüber, cour de l’école Freppel, 13e sens, cour Athic
Du 30 avril au 3 mai
> L’année dernière, vous avez succédé à Anne-Hélène Schneider à la tête de l’association 13e sens. Comment cela s’est-il déroulé ?
Je suis arrivé en mars. L’association avait du mal à trouver quelqu’un pour la remplacer, et après avoir fait une sorte de mission d’intérim, mon profil pluridisciplinaire et spécialisé en cirque a convaincu l’équipe.
> En 2024, le format avait été raccourci. Qu’en est-il de cette nouvelle édition ?
Le rendez-vous s’était en effet déroulé sur une seule journée, avec uniquement trois spectacles, mais ça a été un véritable succès. Là, on retrouve une version plus proche de ce qui se faisait auparavant, avec une vingtaine de représentations, mais au lieu de les étaler sur deux ou trois semaines, elles sont concentrées sur trois jours. Cette année, notre gros spectacle est Hourvari (30/04-02/05, parking des Remparts), de la compagnie Rasposo. C’est un petit bijou de cirque contemporain que l’on avait acheté avant sa création, pour soutenir la compagnie.
> Que peut-on retrouver d’autre ?
Nous avons choisi de donner un coup de projecteur sur les compagnies régionales. Je souhaitais que Pisteurs d’Étoiles soit une vitrine, pour qu’elles puissent être vues et se développer. Sur cette édition, on a six compagnies originaires du Grand Est et pas mal de jeunes, comme les Strasbourgeois de Foehn, qui sortent tout juste d’école. Après avoir fait une résidence, l’année dernière, à 13e sens, le duo, originaire du Maroc et passé par l’École nationale du Cirque Shems’y, à Rabat, présente Rêve encore plus (03/05, parking des Remparts), une représentation avec roue Cyr revenant sur leur histoire et amitié. C’est vraiment un accompagnement de professionnalisation. Un des soucis du milieu culturel est que ça fonctionne beaucoup par réseau. Ce qui m’anime est de casser cette image, se dire que l’on peut aller chercher des gens que l’on ne connait pas, jeunes, pour leur permettre de rencontrer le public. Ça prend une forme encore plus précise, car le samedi 2 mai, on organise la Vitrine régionale, journée dédiée aux professionnels, sur tout le site, afin qu’ils rencontrent les artistes. C’est quelque chose de nouveau et qui se fera tous les ans. Autre nouveauté : le samedi matin, après le spectacle de freestyle foot Mouton noir (03/05, 13e sens) de Paul Molina, on va mettre en place l’Apéro des Minots, un rendez-vous qui existe déjà en-dehors du festival et qui permettra au public et aux enfants de rencontrer les circassiens, de discuter autour d’un bar à sirops, d’ateliers et de jeux dans la cour Athic.
> Lorsque vous étiez directeur du pôle spectacle vivant à la Communauté d’Agglomération de Saint-Dié-des-Vosges (2019-2024), vous défendiez une culture décentralisée, notamment en zone rurale. Est-ce un aspect que vous souhaitez aussi apporter au festival ?
Pas tant cette année, même si beaucoup de spectacles peuvent être décentralisés. Pour l’instant, l’aire d’action de 13e sens est centrée sur Obernai. Pisteurs d’Étoiles est un festival de ville, mais, dans l’évolution future, on souhaite porter un projet de cirque agricole. Un artiste passera quelques semaines avec un agriculteur, dans une ferme, et fera un spectacle en incluant soit des tracteurs, des outils, ou en se produisant dans un hangar. On retrouvera cette ruralité qui compte pour moi, d’autant que je viens d’une campagne meusienne qui manquait de théâtre ! J’espère donc qu’il y aura un temps dans une ferme ou une exploitation agricole de la région d’Obernai lors du prochain festival, en 2026.
Voir aussi
Aucun résultat.