Zoom sur la comédie musicale Black Legends, hommage à la culture afro-américaine

par | 26 février 2026 | Culture, Musiques, Scènes

Black Legends © Nicolas Friess

Le chanteur et danseur William Saint-Val prend part à la comédie musicale Black Legends, traversée de l’histoire afro-américaine mêlant standards de la chanson et figures culturelles. # Julia Percheron

 

Comment vous-êtes-vous retrouvé dans l’aventure Black Legends ?
Je suis là depuis le tout début. Avant la version actuelle, il faut savoir qu’il y a eu une première mouture, en 2014, puis une tournée l’année suivante. À l’époque, je jouais dans le spectacle Swinging Life de Valéry Rodriguez. C’est aussi le metteur en scène de Black Legends. Déjà, il avait cette idée autour de la musique noire, un projet au propos à la fois engagé et accessible. Pendant la Covid, Valéry a procédé à des réarrangements afin de rendre le tout plus concis et digeste – on est passés de trois heures de show à 1 h 45 –, mais le fond reste là : parler de la condition humaine, bafouée chaque jour, à travers le prisme afro-américain.

William Saint-Val © Marine Pierrot Detry

Presque cent ans d’Histoire sont en effet explorés au son de classiques musicaux. Comment se déploient-ils ?
C’est un peu comme les revues musicales américaines. On passe de tableau en tableau avec, comme fil rouge, l’histoire noire. Valéry se trouve sur scène, ce qui est intéressant car il est blanc et se positionne comme un personnage malmenant les populations racisées. Il n’a pas un rôle de narrateur mais ponctue les scènes. Tout commence avec les esclaves que l’on amène dans les champs de coton, puis on arrive au Cotton Club [établissement réservé aux Blancs, NDLR] dans les années 1920 et on parcourt le temps jusqu’à l’élection d’Obama, en 2008. C’est un voyage à travers des périodes marquées par des crises sociétales, traversées par Martin Luther King, Rosa Parks, Malcolm X ou les Black Panthers et mises en regard avec des chansons iconiques.

 

Prince, Aretha Franklin, Whitney Houston, Ray Charles, Beyoncé, Nina Simone… Toutes ces figures sont exploitées. Où vous situez-vous ?
Je participe à quatre tableaux en solo et prends part à d’autres, collectifs. Par exemple, je fais un medley sur des morceaux de Michael Jackson, notamment Jam et They don’t care about us, pour expliquer les émeutes de 1992 survenues après le passage à tabac, par la police de Los Angeles, de Rodney King. Cet épisode fait redécouvrir Michael sous un angle plus politique, plus profond. En fait, je joue des personnages très différents les uns des autres : quelqu’un de fantasque dans les années 1920, un homme plus introverti sur du Otis Redding, quelqu’un de viril, d’efféminé pendant la période disco… À chaque fois, les revendications portées sont très fortes. Pour moi qui suis originaire de Strasbourg, revenir avec cette représentation est un peu une façon de boucler la boucle, même si, bien sûr, elle reste éternelle.

 

Au Galaxie (Amnéville) mardi 17 mars, au Zénith (Strasbourg) jeudi 2 avril et au Zénith (Dijon) dimanche 26 avril
le-galaxie.comzenith-strasbourg.frzenith-dijon.fr

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