Le ventre de Strasbourg

Le ventre de Strasbourg

Désormais, la capitale européenne ouvre au grand public un espace gourmand dans le Marché Gare, jusque-là réservé aux seuls grossistes. La Halle du Marché Gare se deploie ainsi sur 1 000 m2 dédiés aux produits alimentaires et artisanaux locaux. Quatorze commerçants, dont la ferme Saint-André (Kochersberg) avec ses fruits et légumes bio, le Théâtre du Vin, cave de Christophe Lasvigne comptant quelques 3 000 références, ou encore Alélor, dernier fabricant de moutarde d’Alsace, invitent à la dégustation et aux découvertes. # S.M.K.
halledumarchegare.fr

SK

L’année du verre

L’année du verre

Pour célébrer ses dix ans, le salon européen des professions créatives résonance[s] (11-14/11) investit le nouveau Parc des Expositions de Strasbourg. Organisée par la Fédération des métiers d’art d’Alsace, cette édition compte sur la Maison Mugler comme invitée d’honneur, rendant ainsi hommage au célèbre couturier originaire de la ville. Les œuvres emblématiques du verrier Antoine Leperlier sont également présentées, tout comme une trentaine de flacons surprenants, spécialement réalisés pour l’exposition Bottle.Collect[s]. # J.P.

salon-resonances.com 

JP

Hommage à Freddy Ruhlmann

Hommage à Freddy Ruhlmann

Hommage rendu à l’artiste Freddy RUHLMANN (1941-2004).Un monde d’émotions en harmonie couleurs, un talent et une sensibilité rares.

En 2004, Freddy Ruhlmann crée son ultime sculpture La Tolérance par quatre visages si présents dans son œuvre. Il écrit et signe : « Dans un univers troublé et souvent violent, le chaos rend la tolérance difficile, parfois surhumaine et c’est là, pourtant, qu’elle est la plus indispensable ».

La Tolérance, fil conducteur de cette exposition retrace le parcours créatif et le talent aux multiples facettes de l’artiste.

Freddy Peintre, sculpteur, designer, graphiste, né à Strasbourg mais Obernois de cœur, Freddy Ruhlmann offre à notre regard l’harmonieuse palette d’une œuvre foisonnante très aboutie, empreinte de beauté, de poésie et d’humanisme dans toutes les expressions artistiques abordées. Il établit entre elles des transversalités. Sa recherche avec les matières, son choix des couleurs et des formes, la pureté des lignes et la précision du trait définissent l’artiste, toujours exigeant envers lui-même, en quête d’esthétisme, de perfection et de beauté.

Il joue avec la lumière, interpose entre elle et notre vision des irisations, une architecture, des rythmes, une musicalité. Ses créations sont en rapport étroit avec sa vie, la nature, les voyages.

Poète, philosophe, humaniste, homme de l’image, il s’interroge sur l’univers et le temps, l’astronomie. Ouvert sur le monde, il est tolérant envers les autres. Dans tout son parcours créatif, ses visages, témoins du siècle et du millénaire, sont tournés vers l’avenir. Regards sur ses regards qui sont sa signature. Profils de femme et d’homme qui forment une seule face. Visages pluriels pour mieux comprendre l’autre.

Foire aux artistes

Dijon lance la seconde édition d’Art Fair, son festival d’art contemporain rassemblant plus d’une centaine d’artistes internationaux et de tous les horizons. Rencontre avec Jean-Marc Bassand, fondateur de l’événement.  

Le premier week-end d’octobre est le rendez-vous des passionnés de création contemporaine : une nouvelle fois, Art Fair investit le Parc des Expositions et Congrès de Dijon. À l’origine de cette foire, « la volonté d’offrir une exposition unique sur les terres de Bourgogne, en-dehors de Paris », souligne le directeur artistique et fondateur de l’événement, Jean-Marc Bassand. Originaire de la région, ce passionné d’art connaît les atouts de la capitale des ducs de Bourgogne, véritable « centre culturel dynamique et territoire d’artistes célèbres, à l’image de Didier Marcel et Cécile Bart. Ces personnes alimentent déjà les grandes foires nationales, il me semble donc évident de leur permettre de faire également rayonner leur région. » Cette année, plus de cent-cinquante professionnels, trente-cinq galeries internationales, éditeurs ou encore institutions sont réunis pour mettre en lumière le thème de cette rencontre : le néon.

Parmi cette longue liste d’invités, le peintre américain Blair Thurman propose par exemple des créations pop et minimalistes, porteuses d’un message « que chacun peut interpréter comme il le souhaite. » La sculptrice Esther Ruiz vient également du pays de l’oncle Sam : ce qui ressort de ses réalisations, c’est la représentation visuelle d’un état d’esprit. Une émotion, un souvenir, un son… toute sensation est propice à donner corps à ce qu’elle imagine, sans oublier d’y ajouter cette lueur diffuse faisant toute la différence. Quant au graphiste français Guillaume Chevallard, il décline sa vision du néon à travers son appareil photo. Un univers poétique et sensible s’ouvre au public, inspiré des constructions urbaines et de leurs formes géométriques, parfois si fascinantes. Depuis un an, la foire s’est aussi associée à La Route des Arts pour créer Art in Situ, « un parcours contemporain au cœur des vignes de Bourgogne » visant à sublimer le patrimoine historique et viticole. L’initiative sera reconduite dès le 10 novembre prochain.

art-fair-dijon.fr

Julia Percheron

Enchantée

Enchantée

Grande gagnante de la 1ère édition de Drag Race France, Paloma est aujourd’hui à l’affiche du show tiré de l’émission à succès, qui passe ce mois-ci par Strasbourg. Rencontre avec une artiste hors normes.

Commençons par le commencement. Paloma est votre nom de scène et Hugo Bardin, votre nom à la ville…

C’est ça. Au quotidien, je suis Hugo : comédien passé par le cours Florent et venant de Clermont-Ferrand. Je monte sur scène depuis que j’ai 4 ans, j’ai toujours aimé me déguiser quand j’étais petit… en sorcière, notamment. Et puis, en 2018, je me suis immergée dans le monde du drag pour réaliser mon court-métrage, Paloma, dans lequel je joue le rôle d’une drag queen. C’est là que j’ai réalisé combien interpréter des personnages féminins m’avait manqué.

Pourquoi avoir choisi de vous appeler ainsi ?

On me dit souvent que j’ai une tête de Picasso. Autant je déteste le père, autant j’adore la fille, qui s’appelle justement Paloma. C’est une femme d’affaires et une créatrice de mode incroyable.

Comment en êtes-vous arrivée à participer à Drag Race France ?

Pendant longtemps, je n’y croyais plus. Cela faisait des années qu’on attendait ce programme, il y avait tellement de rumeurs qui couraient que le jour où l’annonce a enfin été faite, je ne savais plus si j’avais envie de le faire ou non. J’ai finalement passé les castings et ensuite, tout est allé très vite.

Et maintenant, vous voilà en tournée. Que ressentez-vous ?

C’est tout simplement dingue [rires] ! Les salles sont pleines, les gens nous acclament comme si nous étions des rock stars… On a des standing ovations de quinze minutes, c’est complètement fou. Je ressens énormément d’amour de la part du public, et pas forcément que de la part d’un public queer.

Comment expliquez-vous cet engouement ?

C’est la première fois que des personnes queer sont représentées comme des stars, en France. Nous sommes passées à la télé, nous avons pu parler de nos problématiques, nos histoires ont touché beaucoup de monde… Drag Race est un concept américain qui a mis plus de dix ans à s’importer chez nous. Le drag ne fait pas partie de la culture française ; pas par manque d’ouverture d’esprit, mais parce que nous n’avons pas les mêmes références. Le drag est très anglo-saxon, tandis qu’ici, c’est plutôt la culture du cabaret qui domine. Et si l’émission a marché, c’est parce que c’était précisément axé sur le côté spectacle, divertissement et performance artistique. Ce sont des mediums à travers lesquels on peut faire passer des messages et parler de choses sérieuses.

Pensez-vous que les drags queens ont un rôle à jouer, aujourd’hui, dans le paysage culturel ?

Tant qu’il y aura de l’homophobie et que nous vivrons dans une société patriarcale, les drags queens seront nécessaires. On a besoin de se moquer du genre. Oui, c’est politique, mais l’art, quel qu’il soit, est politique par nature !

Vous retrouvera-t-on dans la saison 2 de Drag Race France ?

Que pourrais-je bien y faire, participer une seconde fois ? [rires] En vérité, même si je devais revenir pour faire le ménage, je serais là. C’était une expérience fantastique. Sinon, on pourra me retrouver dans les prochaines saisons de Balthazar et je prépare plein de projets artistiques. Mais… surprise !

Drag Race France, au Palais de la Musique et des Congrès (Strasbourg) dimanche 23 octobre

zenith-strasbourg.fr

Suivez Paloma sur Instagram : paloma_hugobardin et YouTube : Paloma

Julia Percheron

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