Pour sa 23e édition, Au grès du jazz traverse les sonorités du monde pour explorer toutes les facettes du genre.
Porté par le Parc naturel régional des Vosges du Nord, l’association Au grès du jazz, la Communauté de communes de Hanau – La Petite Pierre ainsi que La Petite Pierre, le festival Au grès du jazz axe sa thématique autour de « L’Autre ». S’il tire ses origines du sud des États-Unis, le jazz s’est depuis implanté à travers les pays, charriant avec lui les spécificités de chaque culture. La patte latine et salsa est par exemple au cœur du style de Yuri Buenaventura (08/08, place du Château, La Petite Pierre), artiste colombien touche-à-tout – il a entre autres composé la bande originale et quelque 300 pistes de la série Netflix Pablo Escobar, le patron du mal (2012). Revenu en 2024, après six ans d’absence, avec Amame, il révèle un album frais, joyeux et dansant à souhait rendant hommage à la musica latina new-yorkaise. D’autres dédicaces parsèment la programmation, comme la journée dédiée au jazz manouche (12/08). Le jeune guitariste virtuose Antoine Boyer et l’harmoniciste coréenne Yeore Kim (Château du Lichtenberg) ouvrent cette parenthèse, clôturée par un concert consacré au monstre du genre, Django Reinhardt (place du Château, La Petite Pierre).
Avec Song for Abbey, Marion Rampal (14/08, place du Château, La Petite Pierre), figure de la scène émergente, rend quant à elle hommage à la chanteuse et militante américaine Abbey Lincoln, défenseuse des droits civiques. Sa voix claire et cristalline glisse sur des morceaux aux airs folk enivrants, le bien nommé The Music is the Magic rappelant que la musique incarne la magie d’un monde aussi secret que sacré. Accompagné de son Trio, le batteur berlinois David Hermlin (10/08, Citadelle de Bitche) se balade pour sa part sur des notes swing, piano et clarinette venant ressusciter les Années folles et divers grands noms de l’époque tels que Cab Calloway ou Jo Jones. N’oublions pas la Colmarienne Eve Risser (14/08, place du Château, La Petite Pierre) qui, avec son Pink Desert Orchestra, propose une drôle d’expérience : créer une musique inspirée par l’énergie de la terre, en particulier par le sol de grès et de granit du plateau du Taennchel, sommet du massif des Vosges… La Gambienne Sona Jobarteh (16/08, place du Château, La Petite Pierre), première femme joueuse professionnelle de kora – harpe d’Afrique de l’Ouest traditionnellement maniée par des hommes –, emporte enfin le public dans un tout autre univers qui s’annonce ensorcelant.
Sur la place du Château (La Petite Pierre), au Château de Lichtenberg, en l’Église de la Nativité (Saverne) et à la Citadelle de Bitche du 8 au 16 août
festival-augresdujazz.com

