Zoom sur Au grès du jazz 2026

Zoom sur Au grès du jazz 2026

Pour sa 23e édition, Au grès du jazz traverse les sonorités du monde pour explorer toutes les facettes du genre.

 

Porté par le Parc naturel régional des Vosges du Nord, l’association Au grès du jazz, la Communauté de communes de Hanau – La Petite Pierre ainsi que La Petite Pierre, le festival Au grès du jazz axe sa thématique autour de « L’Autre ». S’il tire ses origines du sud des États-Unis, le jazz s’est depuis implanté à travers les pays, charriant avec lui les spécificités de chaque culture. La patte latine et salsa est par exemple au cœur du style de Yuri Buenaventura (08/08, place du Château, La Petite Pierre), artiste colombien touche-à-tout – il a entre autres composé la bande originale et quelque 300 pistes de la série Netflix Pablo Escobar, le patron du mal (2012). Revenu en 2024, après six ans d’absence, avec Amame, il révèle un album frais, joyeux et dansant à souhait rendant hommage à la musica latina new-yorkaise. D’autres dédicaces parsèment la programmation, comme la journée dédiée au jazz manouche (12/08). Le jeune guitariste virtuose Antoine Boyer et l’harmoniciste coréenne Yeore Kim (Château du Lichtenberg) ouvrent cette parenthèse, clôturée par un concert consacré au monstre du genre, Django Reinhardt (place du Château, La Petite Pierre).

Avec Song for Abbey, Marion Rampal (14/08, place du Château, La Petite Pierre), figure de la scène émergente, rend quant à elle hommage à la chanteuse et militante américaine Abbey Lincoln, défenseuse des droits civiques. Sa voix claire et cristalline glisse sur des morceaux aux airs folk enivrants, le bien nommé The Music is the Magic rappelant que la musique incarne la magie d’un monde aussi secret que sacré. Accompagné de son Trio, le batteur berlinois David Hermlin (10/08, Citadelle de Bitche) se balade pour sa part sur des notes swing, piano et clarinette venant ressusciter les Années folles et divers grands noms de l’époque tels que Cab Calloway ou Jo Jones. N’oublions pas la Colmarienne Eve Risser (14/08, place du Château, La Petite Pierre) qui, avec son Pink Desert Orchestra, propose une drôle d’expérience : créer une musique inspirée par l’énergie de la terre, en particulier par le sol de grès et de granit du plateau du Taennchel, sommet du massif des Vosges… La Gambienne Sona Jobarteh (16/08, place du Château, La Petite Pierre), première femme joueuse professionnelle de kora – harpe d’Afrique de l’Ouest traditionnellement maniée par des hommes –, emporte enfin le public dans un tout autre univers qui s’annonce ensorcelant.

Sur la place du Château (La Petite Pierre), au Château de Lichtenberg, en l’Église de la Nativité (Saverne) et à la Citadelle de Bitche du 8 au 16 août
festival-augresdujazz.com

Boulevard des Airs de retour avec Je rentre à la maison !

Boulevard des Airs de retour avec Je rentre à la maison !

Le groupe tarbais Boulevard des Airs revient avec Je rentre à la maison, sixième album pop, folk et electro accueillant un nouveau membre. Rencontre avec Florent Dasque, chanteur et guitariste emblématique. # Julia Percheron

 

Vous avez co-fondé Boulevard des Airs en 2004, avec Sylvain Duthu. En 2024, il se lance dans une carrière solo et vous proposez à Eyal de lui succéder comme chanteur. Comment cette passation s’est-elle opérée ?
Eyal était dans notre entourage depuis des années, donc ça s’est fait très naturellement. Nous avions déjà chanté ensemble, il n’est pas inconnu au collectif. Pour l’anecdote, c’est aussi une des premières personnes à qui nous faisions écouter nos maquettes. Sur cet opus, nous retrouvons Jérémy au piano, Jean-Noël à la guitare, Laurent à la basse, Chacha et Jean-Baptiste à la batterie et Manu à la trompette. Je rentre à la maison est plus mûr, nous nous sommes inspirés de ce qui se passe dans nos vies, de ce qui nous interpelle, et c’est d’ailleurs pour cette raison que ce disque est porté par un projet national à destination de la jeunesse.


Vous parlez du titre éponyme, réalisé en collaboration avec l’Éducation nationale…
C’est un projet gratuit, sans inscription, qui vise les écoles, mais pas seulement. N’importe quelle association qui lutterait contre le harcèlement ou le décrochage scolaire peut participer. Le but est de parler aux jeunes à travers la musique. Un formulaire est à remplir sur notre site. À l’issue des ateliers proposés, nous allons à leur rencontre et, plus tard dans l’année, des enfants viendront avec nous à l’Olympia [pour présenter ce sur quoi ils ont travaillé, NDLR]. Il n’est pas trop tard pour que d’autres intéressés puissent s’y mettre.

 

Parmi les 13 titres du disque, citons l’émouvant Un peu de nous, dont l’introduction au piano peut faire penser à It’s on again d’Alicia Keys. De quoi traite-t-il ?
Il relate du sentiment que l’on peut avoir quand on est accompagnant d’une personne gravement malade. C’est une histoire très personnelle. Dans ce genre de situation, on est partagé entre l’impuissance, la culpabilité… Il n’y a pas de rapport avec la chanson d’Alicia Keys, mais ce plan de piano, bien qu’il puisse être assez commun, instaure une ambiance solennelle et permet de dérouler un récit plus frontal.

 

Trois duos émaillent aussi cet opus : une ambiance pop et electro avec L.E.J (Regarde-moi), une parenthèse rap et latina avec Carbonne (C’est pas si facile) et du slam ultra poétique avec Lémofil (Ô mon amour). Pourquoi avoir pensé à ces artistes ?
On connait les filles de L.E.J depuis dix ans, on les a découvertes avant le buzz qu’il y a eu autour d’elles. Quand on a fini d’écrire le texte, on s’est dit que l’on voulait des voix féminines, et elles ont accepté. Le morceau définit le sentiment enivrant qui arrive entre deux personnes qui s’aiment. Pour les deux autres chansons, les paroles ont été écrites avec eux. On les a découverts il y a peu. Carbonne vient du Sud, comme nous, il recherche l’éclectisme dans son travail en mélangeant rap et flamenco et, avec lui, on décrit la fin d’une relation compliquée. Lémofil est un artiste émergent. On adore son univers atypique, à la croisée des styles. Dans Ô mon amour, on croit que l’on parle d’amour, mais en fait, c’est une lettre ouverte à la planète que l’on malmène. J’invite les lecteurs à la réécouter pour s’en rendre compte [rires].

 

À la Cartonnerie (Reims) mercredi 28 janvier, à l’ED&N (Sausheim) jeudi 29 janvier, à L’Autre Canal (Nancy) vendredi 30 janvier et à den Atelier (Luxembourg) samedi 31 janvier
cartonnerie.fr – eden-sausheim.com – lautrecanalnancy.fr – atelier.lu

 

Photo de couverture : Boulevard des Airs © Angélique Dvrt

Suzane : Millénium, 3e opus entre espoir et dénonciation

Suzane : Millénium, 3e opus entre espoir et dénonciation

Rap, chanson française et electro coulent à flots dans Millénium, troisième album engagé, dansant et fédérateur de Suzane.

 

Après Toï Toï (2020) et Caméo (2022), vous revoilà avec Millénium. Vous y dépeignez le monde tel que vous le voyez, sans détour. Dans quel état d’esprit étiez-vous pendant l’écriture ?
Je me suis retrouvée dans une phase où beaucoup de choses avaient changé dans ma vie. Mon premier album a tout chamboulé, j’ai fait beaucoup de concerts et j’étais arrivée au stade où la scène m’avait recrachée. En passant du bruit au silence, j’avais besoin de retrouver l’essence de ma musique, seule sur mon canapé. À un moment donné, j’ai eu le choix entre déprimer ou retourner en studio et extérioriser mes doutes, mes angoisses, tout ce qui me nourrit et crée un vacarme dans mon esprit. J’aime cette sensation, mais c’est mieux de la transformer en lumière.

 

Votre univers à la croisée des styles charrie naturellement une instrumentation riche, notamment marquée par le piano…
Je voulais absolument qu’il y en ait, car il relie tout le monde. C’est un pont entre la chanson française – on le retrouve sur des morceaux comme Virile ou À la vie –, le rap et la texture electro faite de synthés, gros kicks et logiciels. C’est donc une musique très physique, capable de faire lever une foule entière et servant d’exutoire au corps.

 

 

Le rappeur Youssoupha partage avec vous Plus que moi, prônant l’amour de soi et une approche féministe. Pourquoi avoir collaboré avec lui ?
Il est dans ma playlist depuis quelques années, et bien que l’on ne soit pas de la même génération, je me reconnais dans ses textes. C’est un papa du rap, sa musique n’est pas uniquement là pour divertir, mais aussi pour dénoncer et alerter. Le feat s’est fait spontanément : nous avons tous les deux sorti un album cette année – sa chanson Dieu est grande, pensée pour sa fille, m’a beaucoup touchée –, il m’a félicitée d’avoir écrit et porté Je t’accuse [hymne abordant le sujet des viols et des féminicides et critiquant la justice, NDLR], mes meilleures amies aiment sa sensibilité… Travailler avec lui était dans ma to-do list, et il a décidé que ce serait maintenant [rires].

 

Malgré les difficultés recensées au fil du disque, l’espoir est omniprésent, notamment avec Marche ou rêve, qui l’ouvre, et À la vie, qui le clôt.
Pour la première, j’ai eu comme la sensation qu’il était temps de regarder dans le rétro, de me retourner sur cette gamine de 17 ans que j’avais été, à qui l’on répétait que rien ne fonctionnerait jamais. J’aime insuffler de l’espoir aux jeunes, en particulier à ceux qui sont en décrochage scolaire, car j’ai toujours cette immense culpabilité de ne pas avoir coché cette case. À la vie est une chanson qui est arrivée très vite. Je me suis installée au piano durant la nuit et je ne sais pas d’où elle est sortie. Je me pose beaucoup de questions dans cet opus. Je voulais donc terminer par une ode à la vie, par cette envie féroce de vivre, même si je n’en comprends pas tout le sens.

 

À La Vapeur (Dijon) jeudi 4 décembre, à la Cartonnerie (Reims) jeudi 11 décembre, à La Rodia (Besançon) vendredi 12 décembre puis en 2026 à la BAM (Metz) vendredi 6 février et à La Laiterie (Strasbourg) vendredi 20 novembre
lavapeur.com – cartonnerie.fr – larodia.com – citemusicale-metz.fr – artefact.org

 

Édité par 3ème Bureau / Wagram Music
3emebureau.shop – wagram-stories.com

Plongez dans Piaf ! Le Spectacle avec Nathalie Lermitte !

Plongez dans Piaf ! Le Spectacle avec Nathalie Lermitte !

Pour les 110 ans de la naissance de notre Édith nationale, Nathalie Lermitte porte une version revisitée du show mondial Piaf ! Le Spectacle.

 

En 2025, Piaf ! Le Spectacle rend hommage à « la môme », venue au monde le 19 décembre 1915. Il tourne toutefois depuis 2018 : c’était l’occasion de le remodeler ?
Tout à fait ! On s’aperçoit qu’au-delà des anniversaires, Piaf est finalement célébrée tous les ans. Il y a plus d’impact quand il y a une date spéciale, évidemment, mais l’engouement et l’amour international pour cette femme sont tels que l’on n’a pas besoin de raison pour l’honorer. De petites choses ont été changées dans la mise en scène, un moment clé a été ajouté ainsi que pas mal de chansons qu’il me semblait essentiel de retrouver, notamment Les Trois Cloches et À quoi ça sert l’amour, le duo avec son mari Théo Sarapo. Puisque Théo n’est plus là aujourd’hui, je l’interprète d’une certaine façon… mais seule.

 

Le spectacle est une plongée dans son histoire et sa vie artistique.
C’est un véritable voyage à travers ses chansons. Il y a deux parties : la première est davantage consacrée à ses débuts et à Montmartre, et ensuite, c’est plus flamboyant, avec une surprise dans le deuxième acte. Des photos inédites que l’on n’a jamais vues sont projetées, ainsi que des archives vocales. Piaf parle au public, au début, avec cette musicalité très particulière qu’elle avait dans la voix. Parmi tous ses titres, j’aime particulièrement interpréter Milord. La plupart des gens pensent que c’est une chanson joyeuse, mais c’est en fait l’une des plus tristes de son répertoire. Il y a tellement de choses à transmettre : le désespoir, l’espoir, la joie et en même temps un profond chagrin. En trois minutes, on passe par plein d’émotions, et j’adore ça.

 

Piaf ! Le Spectacle © Xiú

 

En termes de décors et de costumes, à quoi le public doit-il s’attendre ?
Les ambiances sont créées en fonction des morceaux et leur dramaturgie. Par exemple, dans Les Amants d’un jour, on est au milieu d’un café. Quant aux costumes, ce sont les miens – sauf la robe finale. Depuis 1997, j’interprète Piaf dans différentes productions et les réutilise. Je chéris particulièrement celle que je porte en premier, car elle m’a été offerte par Alain Delon. On s’est rencontrés à l’issue d’une des représentations de Piaf, une vie en rose et noir, le précédent spectacle. C’est une longue histoire ! C’est une robe fétiche, noire, toute simple, qui s’est retrouvée dans ma garde-robe car l’habilleuse avait oublié celle que je devais avoir dans un taxi !

 

Après toutes ces années passées à la côtoyer, quel regard portez-vous sur ce parcours ?
Je le vis comme une bénédiction. Piaf, je lui dois énormément. Au tout début, il y a presque trente ans, quand on m’a proposé de reprendre son rôle (pour Piaf je t’aime, NDLR), j’avais dit non. Je traversais des choses difficiles, et je crois qu’elle m’a sauvé la vie. Toute sa carrière, elle a mis des choses essentielles, une émotion dans le cœur des gens. Nous ne faisons que la réveiller.


À La Commanderie (Dôle) samedi 11 octobre, au PMC (Strasbourg) dimanche 26 octobre, au Casino 2000 (Mondorf-les-Bains) mardi 28 octobre, à l’ED&N (Sausheim) mardi 2 décembre, à La Rotonde (Thaon-les-Vosges) mercredi 3 décembre, au Centre culturel Pierre Messmer (Saint-Avold) jeudi 4 décembre et à La Barroise (Bar-le-Duc) vendredi 5 décembre
patrimoinemusicalfrancais.fr – nathalielermitte.com

 

Balade au milieu des papillons avec le Jardin des Papillons, à Hunawihr

Balade au milieu des papillons avec le Jardin des Papillons, à Hunawihr

Direction le Jardin des Papillons, à Hunawihr, où quelque 200 espèces évoluent librement autour du visiteur. Rencontre avec son fondateur, Martin Bueche.

Afrique, Asie, Amérique… Vos papillons viennent des quatre coins du monde. Comment est née l’idée de ce projet, implanté en Alsace ?
Tout commence en 1988. J’étais horticulteur et un vrai mordu de papillons. En ouvrant le Jardin, avec ses deux grandes serres de 1 000 mètres carré, j’ai souhaité sensibiliser le public à la disparition des insectes polinisateurs. À leurs côtés, nous présentons également une colonie de fourmis champignonnistes originaires d’Amérique centrale, ainsi que des abeilles dans le jardin extérieur, sous un chapiteau dédié. Nous invitons aussi les visiteurs à découvrir le cycle de vie de ces bijoux de la nature, malheureusement en voie d’extinction. Ils peuvent ainsi assister à la naissance des papillons, tous les jours, entre 10h et 15h environ.

Quel est leur parcours avant d’arriver chez vous ?
On dit qu’ils volent deux fois : d’abord en avion, sous forme de chrysalide, puis sous la serre ! Que ce soit au Brésil, au Pérou, au Costa Rica, au Kenya ou aux Philippines, nous avons des fermes d’élevage où des éleveurs spécialisés, formés par nos soins, les prennent en charge. Chaque semaine, nous recevons un arrivage de 600 à 700 chrysalides. Pour maintenir un environnement favorable à leur développement, les conditions climatiques tropicales de ces pays sont reproduites, en chauffant par exemple les serres pour maintenir une température à plus de 25 degrés.

Jardin des Papillons extérieur © Jardin des Papillons de Hunawihr

Les espèces que vous accueillez changent au fil des saisons. Que peut-on retrouver cet été ?
Parmi les nouveaux arrivants, on trouve le Morpho peleides et ses ailes bleues, le Caligo eurilochus et l’Attacus atlas, le plus grand papillon au monde (jusqu’à 30 centimètres d’envergure, NDLR). Une partie d’entre eux est déjà arrivée, le reste sera acheminé en juillet et en août. Le thème du Jardin étant « Papillons et fleurs, une féérie de couleurs », c’est un véritable voyage au milieu d’hibiscus, d’impatiences, de lantana ou de Lys des Incas.

Proposez-vous des visites guidées ?
Sur demande uniquement, car il y a assez d’indications le long du circuit pour qu’il se fasse en autonomie. Des panneaux pédagogiques en français, anglais et allemand et des bornes vidéo renseignent le visiteur sur la vie des animaux dans la nature, leur disparition, etc. Nous proposons aussi de la réalité augmentée : le public télécharge l’application wow.ink, flashe un code sur les supports et découvre tout un contenu supplémentaire avec des anecdotes ou des conseils pour développer la présence des papillons et insectes polinisateurs dans leurs jardins.

Un espace artistique se trouve aussi sur place…
Ma femme expose en effet ses tableaux, riches en couleurs, qui rappellent bien sûr les papillons et la nature.

À Hunawihr
jardinsdespapillons.fr

 

Photo de couverture : Papillon Morpho © Jardin des Papillons de Hunawihr

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