Direction le Jardin des Papillons, à Hunawihr, où quelque 200 espèces évoluent librement autour du visiteur. Rencontre avec son fondateur, Martin Bueche.
Afrique, Asie, Amérique… Vos papillons viennent des quatre coins du monde. Comment est née l’idée de ce projet, implanté en Alsace ? Tout commence en 1988. J’étais horticulteur et un vrai mordu de papillons. En ouvrant le Jardin, avec ses deux grandes serres de 1 000 mètres carré, j’ai souhaité sensibiliser le public à la disparition des insectes polinisateurs. À leurs côtés, nous présentons également une colonie de fourmis champignonnistes originaires d’Amérique centrale, ainsi que des abeilles dans le jardin extérieur, sous un chapiteau dédié. Nous invitons aussi les visiteurs à découvrir le cycle de vie de ces bijoux de la nature, malheureusement en voie d’extinction. Ils peuvent ainsi assister à la naissance des papillons, tous les jours, entre 10h et 15h environ.
Quel est leur parcours avant d’arriver chez vous ? On dit qu’ils volent deux fois : d’abord en avion, sous forme de chrysalide, puis sous la serre ! Que ce soit au Brésil, au Pérou, au Costa Rica, au Kenya ou aux Philippines, nous avons des fermes d’élevage où des éleveurs spécialisés, formés par nos soins, les prennent en charge. Chaque semaine, nous recevons un arrivage de 600 à 700 chrysalides. Pour maintenir un environnement favorable à leur développement, les conditions climatiques tropicales de ces pays sont reproduites, en chauffant par exemple les serres pour maintenir une température à plus de 25 degrés.
Les espèces que vous accueillez changent au fil des saisons. Que peut-on retrouver cet été ? Parmi les nouveaux arrivants, on trouve le Morpho peleides et ses ailes bleues, le Caligo eurilochus et l’Attacus atlas, le plus grand papillon au monde (jusqu’à 30 centimètres d’envergure, NDLR). Une partie d’entre eux est déjà arrivée, le reste sera acheminé en juillet et en août. Le thème du Jardin étant « Papillons et fleurs, une féérie de couleurs », c’est un véritable voyage au milieu d’hibiscus, d’impatiences, de lantana ou de Lys des Incas.
Proposez-vous des visites guidées ? Sur demande uniquement, car il y a assez d’indications le long du circuit pour qu’il se fasse en autonomie. Des panneaux pédagogiques en français, anglais et allemand et des bornes vidéo renseignent le visiteur sur la vie des animaux dans la nature, leur disparition, etc. Nous proposons aussi de la réalité augmentée : le public télécharge l’application wow.ink, flashe un code sur les supports et découvre tout un contenu supplémentaire avec des anecdotes ou des conseils pour développer la présence des papillons et insectes polinisateurs dans leurs jardins.
Un espace artistique se trouve aussi sur place… Ma femme expose en effet ses tableaux, riches en couleurs, qui rappellent bien sûr les papillons et la nature.
Les célèbres personnages bleus reprennent du service dans Les Schtroumpfs, le film, production portée par la Schtroumpfette, derrière laquelle se cache le timbre de Sofia Essaïdi. Rencontre.
Après les bandes dessinées originales créées par l’auteur belge Peyo, en 1958 – dont de nouveaux tomes continuent d’être publiés aujourd’hui, sous la direction de son fils ! –, la série animée de 1981 au générique que tout le monde connait, ainsi que plusieurs longs-métrages mettant par exemple en scène l’acteur Neil Patrick Harris dans les versions mélangeant animation et prises de vue réelles en 2011 et 2013, les petits êtres bleus aux collants blancs sont de retour sur grand écran, cet été, avec Les Schtroumpfs, le film ! Dans cette nouvelle proposition 100% inédite, le chef de notre joyeuse tribu se voit enlevé par Gargamel, flanqué de son fidèle Azraël, et son frère Razamel. Ni une, ni deux, la Schtroumpfette, accompagnée par son ami le Schtroumpf Sans-Nom, en proie à une crise identitaire, se lancent à sa recherche en traversant le monde… des humains. « Ils partent à l’aventure et passent à travers plein de pays différents pour le retrouver », précise Sofia Essaïdi, comédienne de doublage prêtant sa voix à la petite femme aux longs cheveux blonds. Interprétée par Rihanna en V.O., qui donne la réplique à Kurt Russell ou Sandra Oh, le casting français a largement de quoi faire de l’œil : Jérôme Commandeur, François Damiens, Philippe Katerine, Dorothée, Virginie Hocq, Patricia Kaas et Gérard Hernandez, qui reprend le rôle du Grand Schtroumpf qu’il campe dans presque toutes les adaptations, se joignent à l’actrice et chanteuse incarnant « une leadeuse inspirante au tempérament fort » qui, malgré des périodes d’incertitude inévitables, « ne se laisse jamais abattre, est toujours optimiste et prête à secourir ses amis. »
En présentant une nouvelle histoire, le film intègre aussi de nouveaux personnages : Ken – le frère du chef –, le Schtroumpf Influenceur, le fameux Razamel mais aussi Moxie, guerrière faisant partie des Schtroumpfs du Bureau de Paris de la Protection internationale de quartier et Mama Poot, petite boule de poils voleuse « au caractère très drôle, douée d’une violence hilarante et qui deviendra indispensable dans leur quête », ajoute Sofia Essaïdi. Autre changement : tout un volet musical est développé, dans lequel l’artiste « double une chanson pop en français, pour dire à son ami qu’il est important de ne pas baisser les bras et qu’il saura un jour qui il est. » Et d’ajouter : « La Schtroumpfette me touche, elle a un côté guide. On veut tous quelqu’un qui nous prend par la main pour nous aider à aller de l’avant, quand tout est perdu. » Si c’est la première fois que la comédienne interprète une héroïne, elle a en revanche fait ses premiers pas dans le doublage en 2023, en se glissant dans la peau de l’antagoniste de La Pat’ Patrouille : La Super Patrouille Le Film. « C’est tout aussi génial à jouer », sourit-elle. « Les intentions sont différentes, mais l’exercice reste le même. Dans un film d’animation, les curseurs sont poussés au max, on a une grande liberté d’interprétation. C’est d’ailleurs le même studio, Paramount, qui travaille sur ces deux projets. J’étais ravie lorsqu’ils m’ont rappelée ! Un peu triste de ne pas doubler auprès des autres artistes – pour des questions de son –, mais heureusement, il y a la promo pour partager des moments ensemble », conclut-elle.
C’est une grande première dans le paysage artistique du Grand Est ! Le Studio QuARTz in’OVATION, nouveau centre de formation aux métiers des arts du spectacle, ouvre ses portes à Lingolsheim.
Fondé par Jessica Quarzetti, le Studio a pour mission de former des artistes professionnels pluridisciplinaires dès l’âge de 18 ans, grâce à une pédagogie exigeante, accessible et résolument tournée vers l’innovation artistique avec une formule complète qui comprend :
– Une formation professionnelle pour les futurs artistes,
– Un pôle loisirs pour les passionnés,
– Et des stages pré-professionnels pour les mineurs pendant les vacances scolaires
Le Studio s’adresse à tous ceux qui rêvent de vivre le spectacle autrement, pour en faire leur métier ou simplement par passion
Inauguration, portes ouvertes et concours de chant
Le grand public est invité à découvrir les locaux du Studio QuARTz in’OVATION le samedi 6 septembre 2025, lors d’une journée exceptionnelle qui mêlera portes ouvertes, inauguration officielle en présence du Maire de Lingolsheim, et le premier concours de chant du Studio :
« Porte ta voix, en scène ! ».
Une occasion unique pour les talents vocaux de se révéler. Le ou la gagnant(e) remportera une année complète de formation au Studio, d’une valeur de 6 100 € TTC. Le 21 juin, fête de la musique, marque le lancement de leur campagne de recrutement. Les inscriptions sont ouvertes, maintenant !
Après son premier album solo sorti l’année dernière, Santa taille la route et nous emporte dans un univers puissant et sensible, accompagnée de son traditionnel piano. # Julia Percheron
Il y a comme qui dirait un goût de (presque) déjà-vu. Avec Recommence-moi, disque sacré « Album de l’année » aux dernières Victoires de la musique, Santa – Samantha Cotta de son vrai nom – réitère une entrée remarquée sur la scène française… En 2016, aux côtés de ses deux comparses Line et Adam, elle formait alors le groupe d’electro-pop / pop-rock Hyphen Hyphen et décrochait le prix de la « Révélation scène ». Propulsé avec des titres anglophones entraînants tels que Just Need Your Love (2015) ou Too Young (2022), choisi comme hymne officiel de l’Euro de foot féminin la même année, le trio a exporté ses good vibes à l’international pendant plus de dix ans. Mais, une fois le Covid passé par là, la jeune trentenaire succombe à l’appel de nouvelles aventures. En 2022, elle sort un premier EP, 999, sur lequel figure déjà Popcorn salé, lead single que l’on retrouvera sur son futur opus. Portée par un piano-voix mélancolique dont l’intensité musicale ne fait que grimper crescendo au fil du morceau, l’artiste mise enfin sur le français – une réussite ! – et révèle des inflexions à la Véronique Sanson, promettant qu’elle « éteindr[a] le chaos » et qu’ « Il y aura un nouveau monde à nos pieds ».
Également introduits dans ce mini-album, Où va le Temps qui s’en va et Qui a le Droit apparaissent, à leur tour, sur Recommence-moi. Plus profonds, poignants, lyriques et empreints de détresse – au piano s’ajoute la puissance du violon et des percussions sur le premier, qui n’est pas sans rappeler la sensibilité de Goldman ou Berger, tandis qu’une riche envolée de vents et de cordes s’empare progressivement du second –, ils révèlent une facette plus introspective et engagée de l’interprète. Elle assène ainsi « Je chante pour ceux qui restent, pour la mémoire perdue » (Où va le Temps qui s’en va), « Qui a le droit / De juger notre amour / Ce seront nos enfants / Qui briseront vos discours / […] Qui a le droit / D’avoir peur d’un frère / La mort amère / Vingt-mille non-lieux / Sous les mers ». Dans une pop ultra fraîche et optimiste, la chanson Recommence-mois’impose quant à elle comme un pur rayon de soleil – ce n’est pas un hasard si elle a été sélectionnée comme hymne de la Star Academy 2024. Du côté d’Éva, keyboard, basse, batterie et guitare électrique ramènent le souffle rock et electro de ses débuts, évoquant la quête d’émancipation d’une adolescente à la poursuite de ses rêves et voulant « faire la révolution en chanson ».
Au Zénith (Dijon) jeudi 19 juin, à la Rockhal (Esch-sur-Alzette) vendredi 20 juin, à la Foire aux Vins d’Alsace (Colmar) mardi 29 juillet, au Millesium (Épernay) samedi 25 octobre, au Zénith (Strasbourg) mercredi 29 octobre et au Galaxie (Amnéville) jeudi 30 octobre santa999.fr
Avec son quatrième spectacle Scènes de corps et d’esprit, la Strasbourgeoise Antonia de Rendinger se livre avec dérision sur sa vie et ses questionnements de quinquagénaire. # Julia Percheron
Après plus de vingt ans de carrière et plusieurs apparitions à la radio et à la télé, vous êtes de retour avec un nouveau one-woman-show. Quels sujets abordez-vous ? Scènes de corpset d’esprit raconte la femme que je suis aujourd’hui, tout en interrogeant des sujets de société anxiogènes, comme l’écologie et la politique. Je mets le doigt sur le fait que l’on n’est pas aidés, mais avec une forme de détachement et de légèreté. C’est comme une thérapie, pour moi et le public ! Et puis, j’ai 50 ans, je suis mère de deux adolescentes qui sont préoccupées par leur avenir, dont les discours tournent aussi beaucoup autour des questions de genre… J’écris un spectacle à chaque époque de ma vie, et là, il s’agissait de rester ouverte, de ne pas devenir une vieille conne !
Avant d’arriver au résultat final, vous passez par toute une période d’improvisations. Comment cela fonctionne-t-il ? Je travaille depuis des années avec Marko Mayerl, le fondateur de La Lolita, ligue d’improvisation de Strasbourg. Pendant tout ce cycle, qui dure 3 à 4 mois, il m’accompagne sur scène, m’oriente, m’interrompt, me surprend, et on retravaille ensuite la matière à l’écrit. Je marche par fulgurances, je fais confiance à l’adrénaline du moment pour trouver les mots justes. Mes filles y assistent aussi. Lors d’un sketch sur les ados et les enfants, elles m’ont par exemple dit que je les interprétais de façon trop caricaturale et exagérée, donc j’ai levé le pied.
Vous vous fondez une nouvelle fois dans toute une galerie de personnages – une vingtaine. Comment naissent-ils ? Disons que je suis un peu une éponge, j’ai tendance à singer les autres, à faire un mélange des gens que je croise. Mais je ne les travaille pas trop. D’une fois sur l’autre, les personnages ne se ressemblent pas entièrement, je les réimprovise, ce qui renforce leur réalité. Par exemple, au tout début, l’un d’eux avait un accent alsacien… mais ça ne marchait pas. Maintenant, il a un accent du nord. Mon public sait que j’adore incarner des vieilles femmes et des petites filles. Il y en a plusieurs, ici. J’aime le fait que ces personnes n’aient pas de filtre. Dans la vie réelle, on perd un peu le sens de la dignité avec l’âge. J’aime le côté punk de ces deux générations.
Côté scénographie, vous partez sur quelque chose de sobre – un pouf, du matériel à tricoter… Oui, pour des raisons économiques, c’est très épuré, ce qui m’a un peu manqué en comparaison de mes autres seules en scène habituelles. Nous utilisons toujours des compositions originales, pensées par Franck Lebon. À un moment donné, je parodie une chanson sur une mélodie et des paroles que nous avons-nous-mêmes inventées. On trouve également de discrets bruitages, j’échange un peu avec les spectateurs… Dans cette sobriété, je n’utilise aucun subterfuge. Le public se gagne, donc je prends le temps de le faire entrer dans le spectacle.