Créé dans les années 1950 par André Sanlaville, magicien lyonnais, le Festival mondial de la Magie a performé durant plusieurs décennies, dépassant rapidement les frontières de la France, puisqu’il a été présenté de l’Afrique au Moyen Orient, de l’Europe à l’Amérique du Nord, du Japon aux Philippines en passant par la Malaisie.
En 1987, André Sanlaville a décidé de prendre sa retraite. En 2022, le producteur Patrick Garachon fait revivre le festival. Conseillé par Juan Mayoral, Maître et référence mondiale de l’illusion, il réunit les meilleurs magiciens contemporains multi-primés afin de partager à nouveau avec le public la passion de l’illusion, du surnaturel, de l’émerveillement… de la magie !
Tous les artistes présents sur scène se sont déjà produits dans le monde entier et ont reçu de prestigieuses récompenses. Pendant plus de deux heures, ils vont émerveiller le public, le faire rêver et le transporter dans un monde merveilleux. Parmi eux : le champion de France 2022 Tom Wouda, Nestor Hato, Doble Mandoble, compagnie spécialiste de la magie nouvelle, Arno, Alberto Giorgi & Laura (qui ont d’ailleurs remporté un Mandrake d’or, distinction récompensant les magiciens, en 2008), Les Chapeaux blancs, Diego et Elena, Mag Marin…
Au Dôme (Mutzig) samedi 29 et dimanche 30 mars 2025, à la Mals (Sochaux) samedi 19 et dimanche 20 avril 2025, à L’Embarcadère (Montceau-les-Mines) samedi 1er et dimanche 2 novembre 2025, à la Salle Métropole (Lausanne) du 7 au 9 novembre 2025, à l’ED&N (Sausheim) samedi 24 et dimanche 25 janvier 2026 et à La Barroise (Bar-le-Duc) samedi 7 et dimanche 8 mars 2026 festivalmondialdelamagie.com
Pour son septième spectacle, le mentaliste Viktor Vincent explore les figures du XIXe siècle et leur rapport au surnaturel… Un moment Fantastik !
Maupassant, Chopin, Curie, Houdini, Méliès… Tous ont une place dans Fantastik. Vous y racontez leurs histoires, mais lesquelles, au juste ? J’emmène le public dans un voyage à travers le temps, pour lui faire vivre une ‘‘séance fantastique’’, telle que présentée au XIXe siècle. À cette période, de grands noms y sont confrontés : Maupassant est, par exemple, atteint de syphilis neuronale et se retrouvait en proie à des visions, à tel point qu’il confondait le réel et l’illusion. Erik Satie et Eugène Delacroix étaient quant à eux des esprits torturés, ils partaient dans une introspection folle pour créer leurs œuvres. Marie Curie, elle, étudiait la radioactivité, c’est-à-dire un sujet invisible, impalpable, qu’elle est parvenue à rendre tangible. À cette époque, on découvre les sciences, on voit qu’il existe autre chose. La frontière reste toutefois floue entre réalité et irréel. C’est donc cette expérience que je propose, avec la complicité du public.
Vous choisissez des spectateurs au hasard et les faites monter sur scène, en lançant un chapeau. Comment s’imbriquent-ils dans le récit ? Tout est fait avec bienveillance. S’ils ne veulent pas participer, rien ne les force. L’idée, c’est de faire connaissance, ensemble. Je lis dans leurs esprits, on s’exalte des pouvoirs de notre mental, et ils vivent certaines expériences surnaturelles. À un moment, je fais venir quelqu’un qui va me servir de médium et deviner le prénom auquel on pense. Une autre personne ressent des ombres qui la touchent, mais aussi des sensations étranges et visuelles. C’est un moment immersif, ludique et familial. Je traite le fantastique un peu à la Tim Burton, avec un bon mélange d’humour. Parfois, il m’arrive de faire des erreurs. C’est rare ! Mais le public adore, alors je ne me mets pas la pression.
Vous définissez le mentalisme comme une profession demandant du travail, et non un don… Oui, les gens sont souvent dans le doute, car c’est une discipline qui interroge les perceptions. Pourtant, ce n’est absolument pas un don. Ce que je fais est rationnel et demande de l’observation, de la rigueur, comme n’importe quel métier. Je prends toujours beaucoup de plaisir à le cultiver et suis impatient, chaque soir, de rencontrer la foule.
Après plus de quinze ans de carrière et un Mandrake d’or, récompense décernée aux meilleurs illusionnistes internationaux, avez-vous encore un rêve à accomplir ? En ce moment, il y a effectivement le projet d’adaptation en film de mon roman thriller Apparition. La date de sortie n’est pas encore définie, mais je vis vraiment dans un rêve. Un huitième spectacle, totalement différent de Fantastik, est aussi en réflexion et commencera en octobre 2026.
Au Théâtre de Thionville jeudi 6 mars, au Chaudeau (Ludres) vendredi 7 mars, à l’ED&EN (Sausheim) samedi 8 mars, à la Salle Marcel Sembat (Chalon-sur-Saône) vendredi 21 mars, à L’Embarcadère (Montceau-les-Mines) samedi 22 mars, au Gouvy (Freyming-Merlebach) jeudi 27 mars, au Théâtre de Champagne (Troyes) jeudi 3 avril et à la MAC (Bischwiller) vendredi 25 avril
Pour son deuxième long-métrage, Aude Léa Rapin invite Adèle Exarchopoulos et Souheila Yacoub sur Planète B, thriller d’anticipation dystopique.
Après Les Héros ne meurent jamais, road-movie traitant de réincarnation présenté au Festival de Cannes, en 2019, vous revenez avec une histoire de science-fiction complètement assumée. Comment est-elle née ?
Le début de l’écriture de Planète B a été marqué par le mouvement des Gilets jaunes et le premier confinement, en 2020. Cet environnement a fait naître le concept du film, qui consiste à emprisonner des gens, des militants, dans une prison mentale et virtuelle. Aussi, pendant le Festival de Cannes, en 2019, j’ai cherché à fuir un peu cette ambiance et suis montée dans un TER, au hasard. Par la fenêtre, j’ai aperçu un lieu étrange pendant quelques secondes, et j’ai décidé de m’y rendre. C’était un hôtel en bord de mer, à flanc de falaise, qui m’a de suite donné envie d’imaginer l’histoire de personnes qui se réveilleraient là, sans savoir pourquoi, ni comment en sortir. On a eu la chance que les propriétaires acceptent que nous l’utilisions comme lieu de tournage. C’est un peu un mélange de Punishment Park, Lost et Hunger Games, avec l’esthétique de Far Cry.
L’intrigue suit le parcours de Julia, activiste incarcérée dans cette cage idyllique et jouée par Adèle Exarchopoulos, ainsi que celui de Nour, femme de ménage exilée de son pays d’origine, interprétée par Souheila Yacoub. Qu’est-ce qui vous a inspiré ces personnages ?
Pour Nour, tout part de ma rencontre avec Mohamed, journaliste irakien chassé de son pays et menacé de mort. Courant 2020, je l’ai rencontré, nous sommes devenus amis, et il a véritablement fait naître le personnage à ce moment-là. C’est son histoire. Sa jeunesse a été brisée, il fait la plonge dans un restaurant alors que c’est un intellectuel, et même si, aujourd’hui, il est en sécurité, il faudrait un miracle pour qu’il revoie ses parents. Il a d’ailleurs participé au tournage et a enseigné l’arabe irakien à Souheila. Quant à Julia, j’ai puisé mes références parmi les opposants au barrage de Sivens, aux Mégabassines de Sainte-Soline, à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais aussi à travers Greta Thunberg, Youth for Climate, les manifestations pro-démocratie à Hong Kong… Des militants et une jeunesse qui cherchent à protéger leur environnement, à se battre, et qui suscitent la haine tout en étant violemment réprimés.
Pourquoi avoir opté pour ces deux actrices ?
Une fois que j’ai vu Adèle dans le film Rien à foutre, je voulais absolument que ce soit elle. On lui a envoyé le scénario et elle a tout de suite dit oui. Il y avait quelque chose de très évident, comme avec Souheila, que j’ai découverte dans la pièce Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad. Ce qui est drôle, c’est que je l’ai contactée une semaine seulement après que Denis Villeneuve lui ait demandé de jouer dans Dune 2. Elle était tellement heureuse de donner la réplique à Adèle !
Quelles sont les scènes que vous avez préféré tourner ?
Les séquences de dialogues entre Adèle et Souheila, très intimistes car elles ne doivent pas être repérées, sont merveilleuses à voir pour un réalisateur. J’ai également énormément aimé mettre un pied dans le côté horrifique (les personnages sont torturés dans la prison virtuelle, NDLR), ce qui me donne envie de pousser le curseur, à l’avenir. Maintenant, je comprends le plaisir que l’on peut avoir à imaginer des films d’horreur, ce doit être extrêmement drôle à jouer, devant et derrière la caméra.
Au cinéma depuis le 25 décembre Produit par Les Films du Bal et Wrong Men
Aldebert franchit le seuil du métal avec Enfantillages 666, son sixième album, paru au printemps dernier.
« Cette envie de faire du métal me trotte dans la tête depuis longtemps, car mes origines sont là », confie Aldebert, pour qui le moment de proposer un pas de côté semble venu. « Quand j’étais petit, ce que j’écoutais de plus violent, chez mes parents, était un 45 tours des Beatles ! », plaisante-t-il. « J’ai découvert ce genre au collège. Jusque-là, j’étais bercé par le jazz, la chanson française et la musique classique. » Dans son nouvel opus, le chanteur aborde des thèmes tout aussi légers que délicats et sérieux. Le Cartel des cartables, performé aux côtés des Brésiliens Max et Igor Amadeus Cavalera, met sur le devant de la scène un sujet de société, tournant en boucle depuis quelque temps : celui du harcèlement scolaire. « C’est vrai qu’on en parle beaucoup. Puisque j’ai des enfants, ça m’inquiète aussi. J’ai également été touché par cette pratique, lorsque j’étais en école élémentaire. Tout cet ensemble fait que je m’y intéresse particulièrement. » Un texte revendicatif collant bien avec cette thématique et le chant guttural de ses deux complices, ses idoles d’adolescent.
« J’aime convoquer différents artistes et proposer plusieurs émotions à travers mes titres », poursuit-il, songeant à Amélie Nothomb, Laura Laune, Serj Tankian ou encore Ultra Vomit. « La première est une fan du genre, notamment de System of the Down et Tomb. Il me parait logique de la connecter à ce projet. » Sur La Marche du monde, traitant de la vaste problématique de la guerre, elle cohabite avec Serj Tankian, auteur arménien écrivant beaucoup sur les génocides. « Nous ne concevons pas les chansons en pensant à qui elles pourraient convenir. Nous ne les proposons qu’une fois qu’elles sont terminées. » Des coïncidences surviennent parfois, en particulier lorsque leur univers s’imbrique presque parfaitement dans le style d’autres interprètes. « Je n’y avais jamais prêté attention, maisLa Princesse, titre auquel l’humoriste Laura Laune participe, ressemble beaucoup au style de ses sketchs », réalise le chanteur. « Elle a ce côté petite fille modèle, qui tranche nettement avec les voix criées métalleuses ! » Sur scène, toute une scénographie récupère les codes du genre, dévoilant un gigantesque décor près d’un drôle de tobogan, sorte de mélange « entre un parc d’attractions et un train fantôme. » Au milieu d’écrans géants, l’immense visage d’un enfant au sourire effronté, coiffé d’une casquette et de cornes de diablotin, précède de grandes mains, sur lesquelles Helldebert peut contempler son petit enfer.
À La Rotonde (Thaon-les-Vosges) dimanche 10 novembre, puis à La Filature (Mulhouse) mercredi 13 novembre, au Capitole (Châlons-en-Champagne) samedi 30 novembre, au PMC (Strasbourg) dimanche 1er décembre, au Théâtre de Thionville vendredi 20 décembre et à Micropolis (Besançon) dans le cadre du festival Drôlement bien 2025 dimanche 19 janvier 2025
Riant avec bienveillance des différences culturelles entre France et États-Unis, Sebastian Marx poursuit sa petite étude de cas dans On est bien là, son deuxième spectacle.
Voilà près de vingt ans que vous avez quitté les terres de l’Oncle Sam pour vous installer au pays de la baguette. Qu’est-ce qui vous a poussé à rester ici ?
Sebastian Marx : En 2004, quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai rencontré une Française et j’ai décidé de la suivre chez elle, à Toulouse. Honnêtement, je ne pensais pas rester aussi longtemps. J’étais jeune, amoureux et un peu con ! Je faisais déjà du stand up à New York, mais ce n’était pas dans mes projets de continuer en France. Puis, j’ai eu l’opportunité de monter à Paris. Là, je me suis donné un an pour faire quelque chose, car la scène me manquait. J’ai appris la langue, enchaîné les plateaux de comédie, rencontré des humoristes tels Kheiron, Kyan Khojandi et Bérengère Krief, avant d’entrer en contact avec Jamel Debbouze et son Comedy Club. Finalement, ce qui ne devait durer qu’un an dure maintenant depuis 17 ans.
En 2016, vous jouez Un New-Yorkais à Paris, votre premier one man show en français. Vous y décortiquez notre mode de vie et toutes les subtilités de la langue de Molière. Que proposez-vous, dans votre second spectacle ? Je m’inspire du mythe de la cigale et de la fourmi. La fourmi est connue pour être prévoyante, responsable, mais chiante. La cigale, pour sa part, est plus spontanée, mais pas très futée. Cela me permet de mettre en parallèle un pays de fourmis – les États-Unis – avec un territoire de cigales – la France. C’est un thème qui colle aussi à ma vie, à l’histoire de ma famille. Mes parents sont argentins, mes grands-parents, des Juifs autrichiens d’Allemagne qui ont fui la guerre… Historiquement, on n’a pas la capacité d’être trop cigales non plus. À présent, je me sens trans-insecte. Ma chérie d’aujourd’hui est encore plus cigale que moi, ce qui m’agace un peu, car cela m’oblige à me montrer un peu plus fourmi pour nos enfants !
Que gardez-vous en mémoire de ces représentations interculturelles ? Déjà, j’ai remarqué que beaucoup d’étrangers venaient me voir. Peut-être que mon œil extérieur leur parle particulièrement. Cela donne parfois des histoires surprenantes ! Un soir, j’ai demandé à un couple d’où ils venaient. L’homme m’a dit qu’il était mexicain, la femme, ukrainienne, qu’ils s’étaient rencontrés à Grenoble et qu’ils vivaient désormais à Paris. J’aime aussi faire des blagues sur les villes dans lesquelles je joue. Chaque région a son propre patois, sa façon de parler. Par exemple, je viens avec une liste d’expressions typiquement locales, et je demande à ce qu’on me les explique. J’ai découvert que God damn it se dit àlso dänn en alsacien, mais aussi que les Ch’tis ont tout un tas d’insultes impossibles à prononcer !
Et du côté de vos projets ? Je travaille sur l’écriture d’un spectacle 100% en anglais. Des discussions avec mes enfants m’inspirent également beaucoup de mini-vidéos sur des sujets contemporains, tels que le conflit entre Israël et Palestine, ou le mouvement #metoo. Du haut de leurs 5, 8 et 11 ans, ils participent à l’élaboration de ces petites capsules, diffusées sur les réseaux sociaux.
Au PMC (Strasbourg) dimanche 6 octobre, au Festival L’Essentiel du Rire (Differdange, spectacle en anglais) dimanche 10 novembre et à la Salle Poirel (Nancy) jeudi 6 février 2025