Après Mulhouse en 2024, Damien Fontaine signe avec Terra Alsatia, Au coeur des vignes ! sa 2e scénographie du genre sur le territoire alsacien. Présenté en l’église Saint-Joseph de Colmar du 15 octobre au 16 novembre, le spectacle son et lumière immersif évoque la vie tourmentée de l’Alsace, de la veille de la guerre de 1870 jusqu’au lendemain de celle de 1939-45.
Terra Alsatia
Aux lueurs de l’histoire !
En 1975, Gustave confie à sa petite-fille Florence l’histoire de sa famille, déchirée par les guerres et l’annexion de l’Alsace. Joseph et Hans Schmitt, deux frères jumeaux séparés en 1870 par le service militaire, prennent des chemins opposés, l’un au front, l’autre au vignoble. Leur descendance, dont Gustave, perpétue l’héritage en fondant un nouveau domaine viticole, bientôt éprouvé par la Première et la Seconde Guerre mondiale. Les frères et les enfants se retrouvent parfois face à face sous des uniformes ennemis, entre désertions, exils, Résistance et enrôlements forcés. Malgré ces épreuves, la famille garde foi en l’avenir, malgré les divisions, l’espérance demeure.
Note d’intention de Damien Fontaine, metteur en scène
Plus qu’un grand spectacle audiovisuel, il s’agit d’abord d’une expérience immersive remarquable au cœur d’un édifice sans cesse transfiguré par des projections monumentales, parfaitement ciselées à l’architecture des lieux, dans lesquelles évoluent une centaine de figurants.
Terra Alsatia c’est aussi et surtout la vie tourmentée de l’Alsace depuis la veille de la guerre de 1870 jusqu’au lendemain de celle de 39-45. La vie d’un peuple et d’une terre que deux pays en conflit, France et Allemagne, se partagent mais qui en deviendra plus tard le trait d’union, le terreau d’une folle espérance humaniste et pacifiste.
Pendant 1 h 20, Terra Alsatia propose d’embarquer le public, non seulement dans la grande histoire de la région, mais également dans l’intimité de familles singulières. Ou comment les pages emblématiques, historiques, de l’Alsace viennent prendre étonnamment corps à travers le prisme de destinées romanesques.
Ce spectacle déroule en effet l’incroyable parcours, sur 8 décennies, de plusieurs générations d’hommes et de femmes anonymes. Sur fond de rivalités, de passions, d’amour et de pardon.
Au creux de la nuit colmarienne, les pierres de l’église Saint-Joseph, drapées de couleurs, de décors en trompe l’œil, portent alors avec faste cette création, prolongeant de manière virtuelle le jeu bien réel des figurants et comédiens présents sur les différents espaces scéniques. Afin de bâtir un exceptionnel écrin artistique, autant que de nouer une aventure humaine et spirituelle unique. Où l’on chante, où l’on célèbre l’Alsace et son message d’universalité.
Renseignements +33 (0)7 44 79 04 08 – terra-alsatia.fr Billetterie en ligne sur terra-alsatia.fr et à l’Office du tourisme de Colmar (Place des Unterlinden, + 33 (0)3 89 20 68 92) 12 à 35 € (pass-famille possible) 2 séances par jour Du 15 octobre au 16 novembre
Manon Plet et Flavie Scheppler participent au Raid Amazones, un projet sportif et solidaire au cœur du Cambodge… au déroulé un peu inattendu ! Rencontre avec la moitié du duo.
Le Raid Amazones est une course 100% féminine, se déroulant tous les ans dans un nouveau pays. Comment est née l’idée d’y participer ? Manon Plet : Flavie et moi nous sommes rencontrées à l’école de management du sport Win sport School, à Strasbourg. Nous avons tout de suite accroché, donc je lui ai rapidement parlé du Raid. Je connaissais déjà le concept, et cela faisait un moment qu’il me trottait dans la tête. De plus, nous y participons en tant qu’ambassadrices de l’association ARTTA. Cette dernière soutient les personnes atteintes de troubles alimentaires, notamment l’anorexie, comme ce fut mon cas pendant dix ans. Le côté humanitaire du Raid m’intéresse beaucoup. La course n’est pas uniquement composée de défis, mais de rencontres avec la population.
Le matin est effectivement dédié à la compétition. L’après-midi, les équipes apportent leur aide aux habitants, en livrant par exemple des affaires scolaires, tout en découvrant le terri- toire. Un programme plutôt chargé !
Pour éviter de concourir sous 35 ou 40°C, nous faisons les épreuves tôt dans la matinée. Le réveil est programmé à 3 ou 4h, pour enchaîner sur des courses de trail, run and bike, canoë, VTT sur une quarantaine de kilomètres, tir à l’arc et course d’orientation dans les temples d’Angkor ! Tout le matériel sportif est fourni sur place, nous n’emportons qu’un paquetage avec des t-shirts, sacs ou gourdes rouges aux couleurs du Raid.
Pour ma part, j’ai toujours été suivie par un coach et j’adore le trail et le VTT. Je n’ai donc pas trop changé mes habitudes. Flavie, par contre, s’y est vraiment mise depuis cinq ou six mois. Pendant l’été, nous avons pris des cours de canoë et de tir à l’arc, à Erstein et Illkirch. Un autre volet de la prépa- ration concerne aussi le financement du projet et la prospection de sponsors. C’est ce qui a compliqué les choses et forcé à revoir nos plans.
Que voulez-vous dire ?
Eh bien, à la base, Flavie et moi devions participer ensemble à la course. Nous étions réunies sous le nom Les Silencieuses, en écho à ma maladie qui, à mon sens, est peu connue et généralement passée sous silence. À deux, la participation s’élève à près de 10 000 €. Nous avons donc ouvert une cagnotte en ligne pour en financer une partie. Nous avons également pu compter sur des partenaires, comme l’école, des PME, des associations sportives et le magasin Terres de Running. En définitive, nous n’avons pas réussi à réunir la somme. Faute de pouvoir décaler notre participation, nous avons dû nous séparer. L’organisation du Raid a ainsi aidé Flavie à intégrer une autre équipe. Elle participe donc à la course de mars, et moi, à celle de la fin d’année. Nous partagerons néanmoins notre périple sur nos comptes commun et persos, chacune notre tour !
L’illustrateur Jean-André Deledda développe Burginzepocket, projet numérique permettant de voir à quoi ressemblaient quatre châteaux alsaciens à l’époque de leur construction.
Voilà presque dix ans que Jean-André Deledda et son équipe travaillent sur les ZOOMelles et le PériZCOPE, applications gratuites et pédagogiques visant à modéliser, en 3D, des châteaux forts de la Communauté de communes de Barr. Spesbourg, Haut-Andlau, Bernstein et Landsberg sont dans leur viseur. « Elles s’inscrivent dans une démarche ludique, aussi bien à destination des enfants que d’adultes cherchant plus de précisions historiques », renseigne le président de l’association à l’origine du programme. Grâce à la photogrammétrie, une technique de mesure basée sur des prises de vue réelles réalisées avec des drones, les quatre bâtiments partiellement en ruines ont pu être remodelés numériquement, afin de se rapprocher le plus possible de leur apparence aux XIIIe et XVIesiècles. « Depuis quatre ou cinq ans, nous sommes notamment en contact avec Jean-Michel Rudrauf et Georges Bischoff,archéologue et historien spécialistes du sujet », ajoute Jean-André Deledda. « Cela nous permet d’être le plus précis possible dans nos reconstitutions. C’est la raison pour laquelle nous collaborons aussi avec les associations de restauration et sauvegarde des châteaux. »
Plongée dans le passé Le mois de mai devrait voir le lancement du dispositif des ZOOMelles. « Le but est de lier les quatre structures entre elles », explique l’ancien étudiant en Arts décoratifs. « Les ZOOMelles s’activent en scannant un QR Code, sur son smartphone. Ensuite, il suffit de le pointer sur la ruine, puis de se laisser guider. » Le concept se veut également multilingue : français, alsacien, allemand et anglais. Quant au PériZSCOPE, il révèlera les pièces intérieures et extérieures des fortifications, à travers des vidéos explicatives. « Tout le monde ne le sait pas forcément, mais à l’époque, une partie du mur d’enceinte du Spesbourg abritait un pont-levis. C’est en regardant la forme des pierres et la façon dont elles ont été taillées que l’on peut le deviner. » Les restes de cheminées contre les parois renseignent aussi sur la présence d’étages, tout comme l’existence d’une cuisine d’antan et l’empreinte d’un incendie particulièrement puissant dans un coin supérieur. « Nous travaillons encore sur cette appli. Pour l’instant, seul le prototype du Spesbourg a été conçu. Lorsqu’elle sera prête, le public pourra par exemple découvrir que l’une des deux tours du château d’Andlau servait de citerne à eau. Ce sont des anecdotes que l’on souhaite mettre en avant, afin de rendre cette architecture encore plus compréhensible. »
Un dernier pour la route Enfin, la création d’un jeu mettant en scène des personnages historiques est à l’étude. Gertrude von Dabo, Konrad von Vinhege, Eberhard d’Andlau et Walter von Dicka, seigneurs rattachés respectivement au Bernstein, au Landsberg, au Haut-Andlau et au Spesbourg, interagiront ensemble pour combattre l’influence du sinistre chevalier Hans von Trotha, en quête de pouvoir. « Nous sommes en discussion avec un concepteur de jeu vidéo dans le but de voir ce qu’il est possible de faire. Pour l’instant, nous n’en sommes qu’au début ! », sourit-il.
Face à ce projet ambitieux, Burginzepocket peine toutefois à réunir le budget pour le financer. « Pour être tranquilles, il nous faudrait une enveloppe d’environ 60 000 € », conclut Jean-André Deledda. Bien que l’association du Spesbourg et le Crams, (Centre de recherches archéologiques et médiévales de Saverne) soutiennent son équipe, cette dernière s’autofinance presque entièrement. À ce titre, elle commercialise La cuvée des 4 châteaux, série de vins collector créée en collaboration avec le Domaine André Dolder (Mittelbergheim, 12 € la bouteille).
Fondée en 2022 par Quentin Hohmann et Josselin Renaud, la coutellerie Cygocraft met le patrimoine alsacien à l’honneur, en créant des couteaux à partir des poutres de maisons à colombages.
C’est sur les bancs d’une école d’ingénieur que Quentin Hohmann et Josselin Renaud se sont rencontrés. L’un aimait travailler le bois, l’autre, le métal et partageaient déjà un intérêt commun pour le couteau. Se lancer ensemble dans cet entreprenariat était donc un choix tout naturel. Animés par de fortes valeurs telles que l’ancrage local, la durabilité et l’authenticité, les deux amis décident d’axer leurs produits sur ces maîtres-mots, en créant des couteaux issus de matériaux exclusivement français et de bois provenant de poutres de maisons alsaciennes. La démarche permet, en quelque sorte, d’offrir une seconde vie à un morceau de patrimoine alsacien : « Ce sont des poutres qui ont entre 200 et 300 ans, voire plus pour certaines, nous préférons donc les réintégrer à des objets du quotidien et ne pas les laisser partir à la déchetterie », éclaire Josselin.
Le couteau qui redonne vie aux colombages
Chaque couteau est fabriqué à partir de ces poutres, toutes en bois de chêne bi, voire tricentenaires. Grâce aux stries présentes dans ce matériau authentique, tous les manches possèdent leurs propres aspérités : « C’est très aléatoire et ça donne un caractère personnel à chaque lame », décrit le coutelier. Ces dernières sont par ailleurs façonnées à Thiers, haut lieu de la coutellerie en France, renforçant l’authenticité et la qualité de l’objet.
Les associés proposent ainsi deux lignes à la vente. Les Soultz, des couteaux de vie pliables présentant deux types de manches : l’Orignal, dont le design rappelle les colombages d’une maison alsacienne et l’Essentiel, plus sobre. Le Stuck complète la collection, lame de chef dédiée à la préparation culinaire. Pensés dans le but d’être le plus ergonomique possible, ces couteaux allient ainsi l’utile à l’agréable, misant tant sur la praticité que sur l’esthétique. Et pour rendre cet objet toujours plus singulier, chacun d’entre eux est personnalisable : il est possible d’y graver le motif de son choix.
Une entreprise en pleine expansion
Créée en 2022, les résultats de leur aventure sont plus que favorables : Josselin confie que l’entreprise a grandi trois fois plus vite qu’espéré initialement. Il peut désormais se consacrer à 100% sur la fabrication et l’assemblage de manches, assurant ainsi une production plus importante face à la demande toujours grandissante. Cygocraft a déjà conquis l’Alsace et s’exporte désormais partout en France, commence à séduire l’Europe, et même… le Canada !
Diplômées de l’Institut Paul-Bocuse à Lyon, Alixe et Élise se sont lancées le pari d’ouvrir Les Culottées : un restaurant d’insertion à Strasbourg. Mêlant cuisine française « comme à la maison », et engagements sociaux et environnementaux, les deux amies ont entre leurs mains une recette alléchante.
C’est en 2021 que l’aventure Les Culottées démarre réellement : « Élise avait monté toutes les prémices d’un restaurant d’insertion pendant nos études et déjà travaillé dans un établissement de ce type à Marseille. Elle a ensuite voulu créer sa propre entreprise et m’a proposé de faire partie de ce beau projet : j’ai dit oui ! », relate Alixe, co-gérante. En ouvrant ce restaurant, les deux jeunes femmes avaient à cœur de mettre l’accent sur leurs aspirations personnelles en répondant « à des questions sociétales et environnementales » auxquelles elles sont « très attachées », souligne Élise. « Nous avons tout un volet social, mais aussi environnemental avec ce qui se passe dans l’assiette des clients : de la gestion de nos déchets au choix de nos producteurs ».
Restaurant d’insertion Ce format de restaurant d’insertion permet ainsi d’ajouter une réelle approche humaniste au métier. Les deux amies recrutent en CDD d’Insertion – pouvant durer de quatre mois à deux ans – « des personnes qui ont été éloignées de l’emploi à un moment de leur vie pour diverses raisons », éclaire Alixe. Pour Élise, cela présente un réel avantage pour les employés : « Nous les formons aux métiers de la restauration tout en les accompagnant d’un point de vue socio-professionnel dans la gestion de leur propre projet professionnel. Cela leur permet de lever des freins qui peuvent entraver leur vie personnelle. »
Une carte évolutive et éco-responsable Cette démarche engagée se traduit également dans l’assiette : les plats proposés sont élaborés à partir de produits frais, locaux et de saison. Afin de respecter ce dernier point, la carte change chaque mois. Surtout, le restaurant se démarque de façon égale grâce à son concept de carte évoluant au fil de chaque journée. « Nous voulions un « comme à la maison », c’est-à-dire que le midi on vient déjeuner, puis l’après-midi nous proposons un goûter. Le soir, les gens peuvent venir boire un verre et dîner. C’est vraiment un lieu qui vit tout au long de la journée », expliquent-elles de concert.
Les Culottées novatrices et engagées espèrent ainsi inspirer leurs confrères et consœurs à ajouter ce soupçon d’engagement à leurs menus.